Conseils pratiques

Vous êtes intéressé par l’apiculture, mais vous ne savez pas comment vous y prendre. Voici quelques conseils :

1. Avant tout achat, avant toute décision, documentez-vous abondamment.
Devenir apiculteur est à la portée de presque tout un chacun, mais cela demande une très bonne préparation. A titre d’exemple, une fois vos abeilles installées dans votre jardin, vous ne pourrez plus les déplacer de plus de 50 centimètres, sous peine de perdre toutes vos butineuses qui seront désorientées ; il vaut donc mieux être absolument certain de l’endroit où vous voulez les placer, avant d’acquérir votre premier essaim.
Evitez absolument d’importer des abeilles, ou d’acquérir des abeilles dont vous ne connaissez pas l’origine ! A ce sujet, lisez notre dernier conseil important !

2. Fréquentez une société locale d’apiculture.
Inscrivez-vous sans hésiter à la société d’apiculture la plus proche de votre domicile ou de l’endroit où vous voulez établir votre rucher. Nos sociétés d’apiculture ne sont pas réservées aux apiculteurs expérimentés : elles accueillent très volontiers les apiculteurs débutants et ceux qui, comme vous, envisagez la possibilité d’élever des abeilles. Les cotisations sont généralement modiques. Les apiculteurs de votre région vous permettront le plus souvent d’acquérir un jeune essaim ou une petite colonie (on parle de ‘nucleus’) à prix très avantageux, si pas tout à fait gratuitement. Vous pourrez participer aux travaux du rucher avec un apiculteur expérimenté de votre région, et confirmer ainsi votre nouvelle vocation. Un membre de la section pourra vous aider chez vous lors des prochaines interventions.Vous pourrez également obtenir en prêt le matériel onéreux à usage occasionnel tel l’extracteur de miel : vous en achèterez un plus tard, quand vous serez certain de votre choix.Vous devriez pouvoir trouver sans trop de difficultés les coordonnées des sociétés locales d’apiculture en faisant un peu de recherche sur Internet.

3. Lisez des livres d’apiculture appropriés à votre région.
La pratique (souvent professionnelle) de l’apiculture dans le midi de la France ou en montagne est en effet tout à fait différente de la pratique d’amateurs que nous faisons en Belgique.
Nous vous conseillons vivement la lecture du livre d’Edy RESIMONT, « Pratiques d’une saison apicole« .  Ce livre aborde les différentes étapes de l’année au rucher avec le regard que peut avoir le néophyte.  Les apiculteurs confirmés y trouveront également des conseils qui s’écartent parfois de leur propre pratique, et qu’il est toujours intéressant d’envisager.  Ce livre est disponible chez notre président, Michel Fraiteur (voir Contacts) au prix de 23€.
Pratiques d'une saison apicole
Nous vous conseillons aussi de lire ces livres:

Guide pratique apicole, E. de Meyer


Guide pratique apicole, E. de Meyer

Etre performant en apiculture, Hubert Guerriat


Etre performant en apiculture, Hubert Guerriat, édition 2016 https://hozro.be/

Le rucher durable, Jean Riondet

Le rucher durable, Jean Riondet

Traité Rustica de l'apiculture

4. Lisez le Guide des bonnes pratiques apicoles: il vous apprendra quelles sont les règles d’hygiène à respecter pour la récolte du miel et du pollen. Vous pouvez le télécharger gratuitement sur le site du CARI (http://www.cari.be/publications/)

5. Visitez un musée du miel
Le musée du miel à Lobbes (muséedumiel.be) vaut le détour et permet au profane de découvrir de visu tous les aspects de l’apiculture, de la ruche à la miellerie. Mieux : téléphonez avant votre visite : vous pourrez peut-être bénéficier d’une visite guidée tout à fait personnalisée par un des bénévoles de l’association.
Il existe également un intéressant musée de l’abeille à Esneux-Tilff (Musée de l’abeille).

Lobbes MuséeTilff

6. Formalités obligatoires
 Enfin, si vous vous êtes décidé, sachez qu’il y a des formalités obligatoires.

  • Si vos ruches sont établies en zone d’habitat, leur nombre sera limité à 3 et il faut faire une déclaration auprès de l’autorité communale; pas de déclaration en zone verte
  • Enregistrement auprès de l’AFSCA, que vous vendiez du miel ou non: vous trouverez la liste d’activités et le formulaire de demande d’enregistrement sur la page Agréments, autorisations et enregistrements de l’AFSCA
    * si vous avez des abeilles mais ne vendez pas de produits de la ruche (ce qui est la cas de la plupart des amateurs), l’activité est ‘Apiculteur – détenteur d’abeilles‘ (code lieu PL4; code activité AC28; code produit PR1)
    * si vous avez des abeilles ET que vous vendez des produits de la ruche, l’activité est ‘Apiculteur – produits apicoles‘ (code lieu PL4; code activité AC64; code produit PR127)
    * Pour notre région, l’Unité Provinciale de Contrôle (UPC) à qui il faut s’adresser est celle du Brabant Wallon
  • Si vous voulez construire un rucher couvert (et seulement dans ce cas !), vous devrez suivre les prescriptions urbanistiques qui dépendent de la zone d’implantation et éventuellement de prescriptions spécifiques telles qu’un plan de lotissement.

Quelques conseils pratiques

  • De bonnes ruches en bois peint peuvent être placées à l’air libre sans nécessiter d’abri. Évidemment, si vous pouvez disposer d’un rucher couvert, cela peut faciliter les choses.
  • L’emplacement du rucher est primordial : il doit s’agir d’un endroit sec, bien exposé à la lumière, mais sans excès. Une orientation est, sud-est est idéale. Eviter les sous-bois humides ou une exposition contre un mur orienté au sud (trop chaud) ou au nord (trop froid)
  • Vos abeilles ne doivent gêner ni votre famille, ni votre voisinage. Une distance de 20 mètres par rapport à la voie publique est généralement nécessaire, ainsi que par rapport à l’entrée principale d’une habitation privée. Cette distance peut être réduite à 10 mètres si un obstacle de 2 mètres de hauteur minimum (une haie, un mur, une palissade) force les abeilles à s’élever rapidement. Tenez cependant compte que ces distances sont un minimum légal mais que vos abeilles ne peuvent importuner vos voisins ou les passants : n’hésitez pas à les accroître si vous en avez la possibilité. Tâchez d’être discrets en implantant votre rucher. Veillez à ce que la ligne principale de vol de vos abeilles ne soit pas orientée vers des lieux de passage ou de jeux intensifs.
  • Même en débutant, il vaut mieux avoir 2 ou 3 ruches : cela vous permettra de comparer leur évolution. Les mortalités de colonies sont hélas très importantes actuellement; en cas de perte d’une ruche, vous pourrez reconstituer votre cheptel à partir d’une ruche survivante (lire Petit calcul de probabilité apicole)
  • Ne nourrissez JAMAIS vos abeilles avec du miel acheté, ancien, ou dont vous ne connaissez pas la provenance !
    Ce miel peut contenir des bactéries TRES dangereuses pour les abeilles et TRES contagieuses, dont celle de la redoutable loque américaine. Si des produits à base de sucre ne sont pas idéaux pour les abeilles, au moins présentent-ils moins de risque de contamination.
    N’oubliez jamais
    que vos abeilles doivent trouver l’essentiel de leur nourriture dans la nature, que vous ne pouvez prélever qu’une petite du miel qu’elles ont récolté, et que le nourrissement artificiel ne peut constituer qu’un petit appoint, jamais une composante importante de leur régime alimentaire.